Les rollups : un mécanisme puissant de passage à l’échelle

Un des enjeux majeurs dans le monde des blockchains est celui du passage à l’échelle, notamment en débit, c’est-à-dire en nombre de transactions par seconde. Une manière d’augmenter le débit est d’utiliser un système de validation des blocs autre que celui basé sur la preuve de travail, par exemple avec un algorithme de consensus classique entre un petit nombre de participants. Cela aurait pour séquence un changement profond de gouvernance et au final une appréciation différente de la sécurité. De plus ce n’est pas applicable pour une blockchain déjà existante. D’autres solutions seraient d’augmenter la taille de blocs ou la fréquence des blocs, mais ce ne sont pas des solutions viables de long terme.

Une autre idée, pertinente dans le cas d’une blockchain déjà établie, est de traiter un certain nombre de transactions hors chaîne. Des mécanismes de synthèse permettent de confirmer sur la chaîne principale des opérations effectuées en dehors.

Dans ce contexte, le mécanisme envisagé de manière prépondérante est celui des rollups, que nous explorons dans ce document de perspective, avec les deux variantes optimistic rollup et ZK-rollup. Trois sociétés, ConsenSys, Protocol Labs and Cometh présentent l’intérêt industriel qu’elles voient dans ces technologies, respectivement représentées par Nicolas Liochon, Anca Nitulescu et Jérôme de Tychey. De plus, Sarah Bordage et Youssef El Housni, deux doctorants du laboratoire d’informatique de l’École polytechnique, spécialistes des protocoles cryptographiques de preuves à divulgation nulle de connaissances, zero-knowledge, donnent quelques approfondissements des mécanismes cryptographiques sous-jacents.